L’y-présence de Karinka Szabo-Detchart
Un parcours de sculptures
Artigues-près-Bordeaux
2023 → 2024
Direction artistique & conception
Coopération & ingénierie de projet
Accompagnement des artistes
Production d'œuvres
Médiation, relation au territoire & aux personnes
Communication, documentation & valorisation
artiste
partenaires PUBLICS
Pendant un an, dans le cadre du programme Prismes, Karinka Szabo-Detchart a été accueillie en résidence à Artigues-près-Bordeaux. Zone périurbaine encadrée entre une autoroute, une nationale et la rocade, la commune abrite des parcs qui résistent à la pression du foncier. L'artiste a été sensible à la richesse de ce patrimoine naturel, au nombre et à la diversité des arbres remarquables présents dans les parcs, et aux rapports entre l'architecture pavillonnaire et ces espaces naturels. Elle a arpenté ces lieux, marché le long, autour, dedans et dehors les lignes du paysage, transposé ses photographies en dessins. De cette exploration est né L'y-présence, un parcours de sculptures qui invite à traverser parcs et forêts, de la mairie au château Bétailhe, créant un cheminement de visibilité des vivant·es.
Les sculptures de Karinka Szabo-Detchart se nichent dans les arbres remarquables d'Artigues, faites de bois, de mousses et de végétaux qui les confondent avec ce qui les entoure. Un parcours qui revendique le droit au paysage pour tou·tes les vivant·es.
Les étapes du projet

Les œuvres
LES HOTSPOTS
2024
14 sculptures
Bois, mousses et végétaux, sangles
Dimensions variables

Quatorze micro-architectures installées dans les arbres remarquables des parcs d'Artigues, « les plus vieux habitants de la commune » comme les nomme l'artiste. C'est d'abord pour ces autres vivant·es que le projet a été entrepris : les Hotspots deviennent des espaces de fusion et d'accueil pour la faune et la flore, des points d'ancrage symboliques offrant un espace de contemplation, de réflexion et de connexion.
Composées de matériaux déjà présents dans l'environnement dans lequel elles s'insèrent, les structures jouent le camouflage, confondant intérieur et extérieur. Karinka Szabo-Detchart peint des pans de bois avec des végétaux comme matrices, sortes de papiers peints inversés qui rappellent les ombres portées des arbres. Elle y reprend par endroits le caractère anonyme du cube inspiré des lotissements d'Artigues, le crépi « ton pierre », les briquettes de parement.
Au fil des mois et du printemps naissant, des écosystèmes se sont développés autour et dans les Hotspots, la végétation poussant sur les structures et la faune y trouvant un abri.

L'Y-PRÉSENCE
2024
Argile, minéraux, résines naturelles
Installation dans le creux d'un rocher

À mi-parcours, dans une cavité de la roche, Karinka Szabo-Detchart a composé une sorte d'autel pour ces êtres qu'on ne regarde plus. Des ex-votos d'argile, plantes, insectes et lichens y rencontrent minéraux et résines naturelles, dans ce que l'artiste nomme une « petite nature dans la grande nature ».
Ce lieu de recueillement clôt le cheminement. Le mot L'y-présence désigne l'exaltation du lieu et du moment : ici, la marche s'arrête, l'attention se resserre, et l'introspection sur notre lien au vivant devient possible. Le parcours crée aussi un écho critique aux quatorze stations du Chemin de Croix, soulignant la souffrance endurée par la nature du fait de l'être humain.
Karinka est attachée à l'idée de s'ancrer dans le paysage, pas seulement de façon figurée, mais bien d'incorporer son travail dans la terre, les parquets, les alcôves, les grottes, les murs ou les arbres, de les fondre dans les espaces qui lui sont proposés. Lors de notre premier échange, Karinka m'a fait part de son intérêt pour la nécessité de recréer un lien entre l'individu et le territoire — la planète en général. En s'inspirant des réflexions d'Augustin Berque, elle cherche à solliciter la volonté des visiteur·euses de se « reterrestrer », faire acte de présence finalement, dans la signification la plus littérale qu'il puisse être.
— Extrait du texte commandé à Adèle Anstett (collaboration avec Jeunes critiques d'art)
La relation au territoire et aux personnes
Le programme de médiation s'est déployé en suivant le rythme des explorations et des expérimentations artistiques de Karinka Szabo-Detchart, et en s'intégrant dans l'agenda des événements de la commune (Semaine de l'arbre, Nature en fête). Tout au long de l'année, les actions invitaient les habitant·es à (re)découvrir le patrimoine naturel d'Artigues-près-Bordeaux et à (re)trouver leur place au sein de l'écosystème, dans le respect et l'harmonie de tous les vivants.
Aux côtés du botaniste Nicolas Petit, de l'Écosite du Bourgailh, les habitant·es ont participé à des balades nature articulées autour du futur parcours de sculptures, découvrant la diversité des espèces d'arbres présentes dans les parcs et l'importance de leur préservation. Pauline Trombetta, médiatrice artistique, a ensuite pris le relais, guidant le cheminement d'œuvre en œuvre et invitant à prendre le temps de l'observation et de la méditation.
Des ateliers de Tanabata et de Shimenawa menés par l'artiste ont régulièrement ponctué l'année. Le Shimenawa est une corde utilisée au Japon pour délimiter un espace ou des éléments naturels sacrés ; Karinka Szabo-Detchart proposait d'observer et d'entourer les arbres remarquables des parcs. Le Tanabata est une fête japonaise au cours de laquelle on écrit ses souhaits sur un papier avant de l'accrocher aux branches d'un arbre ; elle invitait à formuler collectivement des vœux pour la Terre et à y ajouter des graines dispersées au vent, promesse de nouvelles naissances.
en collaboration avec
l’école élémentaire du parc
l’école maternelle de la plaine
l’Écosite du Bourgailh
Pauline Trombetta et Léa Héraud-Bellan, médiatrices indépendantes














