Comme un dimanche au fleuve de Cassandre Cecchella
Une exposition de peintures déroulantes
Bassens
2023 → 2024
Direction artistique & conception
Coopération & ingénierie de projet
Accompagnement des artistes
Production d'œuvres
Médiation, relation au territoire & aux personnes
Communication, documentation & valorisation
Pendant un an, dans le cadre du programme Prismes, Cassandre Cecchella a été accueillie en résidence à Bassens. Marquée par la relation distanciée des habitants·es au fleuve — les abords de la Garonne étant peu ou pas accessibles — elle a fait de cette absence le point de départ de son projet. Pendant plusieurs mois, elle a collecté auprès des habitants·es des souvenirs et des photographies évoquant des retrouvailles entre amis·es ou en famille, autour d'un repas ou d'une activité en plein air. Elle a emprunté à ces images des détails, des scènes, des visages ou la manière dont l'image est composée pour en faire des peintures.
Les peintures de Cassandre Cecchella s'ouvrent et se referment comme des stores, recadrant à l'infini des scènes de vie au bord de l'eau.
À Bassens, là où la Garonne reste inaccessible, elle a imaginé un autre fleuve, celui des habitant·es, fait de souvenirs partagés et de dimanches rêvés.
Les étapes du projet

L'œuvre
Comme un dimanche au fleuve
Ensemble de 20 peintures
Peinture acrylique sur store déroulant,
10 stores : 200 × 140 cm chacun
Cassandre Cecchella a collecté auprès des habitant·es des photographies évoquant des retrouvailles entre amis·es ou en famille, autour d'un repas ou d'une activité en plein air. Elle y a emprunté des détails, des scènes, des visages ou la manière dont l'image est composée pour en faire des peintures. Comme un dimanche au fleuve est ainsi une mise en scène des habitants·es de Bassens, une projection de ce que pourrait être un dimanche au bord de la Garonne. On découvre des personnes en train de jouer dans l'eau, de plonger, de bronzer ou se promenant, chien en laisse, enfants sur les épaules.
Sur un fond bleu vibrant, couleur qui se distingue dans le paysage tout en s'équilibrant avec la dominante verte de l'environnement, les scènes peintes sont autant de clins d'œil à la peinture impressionniste, et en particulier à Georges Seurat.
Les peintures ont été réalisées sur des stores déroulants : elles s'ouvrent et se referment, permettant à qui le souhaite de recadrer l'image et de créer, à l'infini, de nouveaux paysages. Disposées sur des structures qui évoquent presque une architecture, l'installation devient un théâtre, une illusion, à mi-chemin entre les stores que l'on baisse pour préserver l'intimité d'un intérieur et les rideaux que l'on lève au début d'une représentation.





Ces protocoles auxquels Cassandre Cecchella se soumet viennent contraindre son corps, imposent un cadre, prescrivent un rythme. Ils la font presque basculer du travail de peintre à celui de performeuse. Car chez Cassandre Cecchella il n'est pas seulement question de peinture, il est nécessaire que se confrontent à elle l'environnement, l'adrénaline et parfois l'ennui. À Bassens, s'est jouée une chorégraphie ou une grande pièce de théâtre dans laquelle se mouvaient autour de l'artiste les habitant·es de Bassens et leurs souvenirs. Enfin, si l'artiste s'est ainsi mise à la disposition des habitant·es, elle les a aussi contraint·es à une implication certaine. Ses peintures, les déroulantes, ont été réalisées sur des stores. Si bien que pour y avoir accès, il faut s'emparer de la toile puis la faire glisser pour qu'enfin apparaissent les souvenirs que les Bassenais et Bassenaises ont souhaité y projeter.
— Extrait du texte commandé à Camille Bardin (collaboration avec Jeunes critiques d'art)
La relation au territoire et aux personnes
Le premier geste a été de collecter. Pendant plusieurs mois, avant même que les œuvres n'existent, l'artiste et la médiatrice ont sillonné la commune, participé aux événements locaux, pris le temps des conversations dans les associations et les lieux du quotidien. L'objectif : inviter les habitants·es à partager des photographies personnelles, des scènes de retrouvailles, de pique-niques, de loisirs en plein air. Ces images ont nourri directement le travail de Cassandre Cecchella, elles sont entrées dans les œuvres.
Deux projets longs ont donné sa profondeur au programme. Avec une classe de CM2 de l'école François Villon et un groupe de jeunes de l'Institut Médico-Professionnel Pierre Delmas, la médiatrice a déployé le protocole de la série Vinci de Cassandre Cechella : découverte de l'univers de l'artiste, préparation des châssis et du fond, puis peinture en plein air sur des vues emblématiques de Bassens. Pour l'un des groupes, la place centrale face à la mairie, pour l'autre le port. Ces deux paysages, interprétés de dizaines de façons, ont été réunis pour une exposition finale à l'Espace Michel Serres.
Pendant toute la durée de l'exposition, des temps conviviaux ont animé l'installation Comme un dimanche au fleuve, tous les samedis et mercredis au bassin Montsouris, pour rejouer, en vrai, le pique-nique et les loisirs que les peintures mettaient en scène.
en collaboration avec
l’école élémentaire François Villon
l’Institut Médico-Professionnel de Bassens
la médiathèque François Mitterrand
l’espace Michel Serres
l’association Ô fil du jeu
l’association Ricochet Sonore













